Forte hausse de la demande aux banques alimentaires de Calgary et d’Edmonton
Les banques alimentaires de Calgary et d’Edmonton font face à une demande accrue depuis la fin de l’année dernière. La précarité causée par la pandémie et la fin de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) en seraient la cause, selon le directeur de la banque alimentaire de Calgary, James McAra.
La réalité de la banque alimentaire de Calgary, c’est que la demande ne cesse d’augmenter
, dit James McAra.
De janvier à juillet, la demande a augmenté de 30 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années pour la même période. Cela représente près de 2000 paniers alimentaires de plus à distribuer que d’habitude.
Cet écart était encore plus flagrant en juillet, alors que la banque alimentaire de Calgary a enregistré 94 % de demande supplémentaire comparativement à la même période l’année précédente.
Quand les programmes d’aide se sont arrêtés, en octobre, c’est là que nous avons commencé à voir une augmentation. Et c’est ce qui nous a inquiétés
, dit-il.

Le constat est le même du côté d’Edmonton. En juillet 2020, la demande avait d’abord baissé par rapport à l’année précédente en raison de l’influence de la PCU. Environ 17 700 personnes avaient bénéficié de la banque alimentaire contre plus de 21 000 en juillet 2019. Mais cette année, le nombre de demandeurs a atteint un sommet de 28 000 sur ce seul mois.
La précarité responsable
Il y a des gens que nous n’avons jamais vus auparavant
, indique James McAra de la banque alimentaire de Calgary. Il affirme avoir constaté non seulement une augmentation de nouveaux clients, mais aussi de la durée pendant laquelle les gens ont besoin d’un panier.
Il explique que d’habitude, la banque alimentaire de Calgary tente de mettre en relation ses clients avec des organismes qui pourront répondre à leurs besoins. Ça peut être en relation avec l’immigration, le manque de qualifications, la dépendance, la santé mentale. Les données nous montrent que plus les clients sont en contact avec un organisme qui traite la cause profonde de leurs problèmes, moins ils reviennent souvent.
Le problème, c’est qu’avec la COVID, il devient difficile d’orienter les gens. Les gens venaient nous voir parce que leur entreprise, leur agence, avait fermé.
Selon James McAra, il y a aujourd’hui un véritable défi de précarité pour les Calgariens et les banques alimentaires ne devraient pas être seules à les relever.
Une situation qui pourrait durer
Selon la porte-parole de la banque alimentaire d’Edmonton, Tamisan Bencz-Knight, un retour à un taux de fréquentation normal pourrait prendre plusieurs années. Elle s’appuie sur les autres crises que l’Alberta a connues par le passé. Selon elle, une dizaine d’années ont été nécessaires pour faire baisser le nombre de demandeurs dans les années 2000, lors de la crise des ressources naturelles de la province.
Nous devons être préparés au fait que cette situation va durer dans notre communauté. Et nous devons nous assurer que nous avons les ressources et les outils nécessaires pour continuer à aller de l’avant.Une citation deTamisan Bencz-Knight, porte-parole de la banque alimentaire d’Edmonton
Des dons qui affluent
L’année dernière, la banque alimentaire d’Edmonton a reçu près de 25 millions de dollars de dons. Celle de Calgary a rassemblé près de 23 millions de dollars de septembre 2019 à août 2020.
James McAra se réjouit de la solidarité qui s’est mise en place dans la communauté. Ce que nous avons vu, c’est que les gens s’adressaient à nous en disant : ’’ Nous savons qu’en cas de pandémie, les gens auront besoin de nourriture et nous voulons vous soutenir. De quoi avez-vous besoin?’’