Alberta : Le travail de mémoire autour des pensionnats pour Autochtones s’annonce complexe

La subvention de 8 millions du gouvernement provincial annoncée mercredi est bienvenue malgré les défis.

Des centaines de sites pourraient faire l’objet de fouilles, le nombre d’experts formés pour ce type de recherche étant peu nombreux, rappelle une anthropologue de l’Université de l’Alberta.

Kisha Supernant se réjouit de l’annonce des 8 millions de dollars de subventions du gouvernement de l’Alberta combinés aux 27 millions débloqués par le gouvernement fédéral.

Toutefois, la professeure d’anthropologie souligne qu’il s’agit d’un début et que les recherches pourraient prendre plusieurs années.

Mme Supernant, qui est métisse et descendante de la Première Nation Papaschase, sait de quoi elle parle : l’anthropologue a travaillé en 2018 sur un projet ciblant un pensionnat de la Saskatchewan en utilisant un radar à pénétration de sol afin de retrouver des lieux de sépulture non marqués.

La province qui a le plus de sites à fouiller

Avec 25 pensionnats pour les Autochtones, l’Alberta est la province qui en a compté le plus.

Selon Kisha Supernant, il pourrait y avoir des centaines d’endroits à fouiller, certains sur des terrains aujourd’hui privés, car les pensionnats étaient parfois répartis sur plusieurs sites.

Ces chiffres n’incluent pas les écoles de jour ou les pensionnats qui ne relevaient pas du gouvernement fédéral et où il peut aussi y avoir des lieux de sépulture, précise Kisha Supernant.

Certaines communautés sont mieux préparées que d’autres à entreprendre des recherches sur le terrain, selon Arthur Noskey, grand chef du Traité 8 qui comptait 11 pensionnats pour Autochtones sur son territoire.

Il se dit par ailleurs frustré de constater la réticence des églises et du gouvernement à fournir certains documents d’archives, ce qui pourrait aider les communautés à découvrir ce qui est arrivé aux enfants.

Un accompagnement nécessaire

Selon Kisha Supernant, qui accompagne les groupes autochtones dans leurs recherches, un problème de formation et d’accompagnement risque de se poser. Elle explique qu’en Alberta très peu d’experts sont formés dans ce domaine spécifique pour interpréter les données qui seront recueillies par les anthropologues ou les entreprises privées.

La professeure espère également que le financement pourra servir à former et à habiliter les Autochtones à effectuer ces recherches, ainsi qu’à accompagner ceux chez qui ces recherches déclenchent des traumatismes.

« Le soutien spirituel, le soutien culturel et le soutien en matière de santé mentale sont essentiels dans ce travail, car il est, par expérience, extrêmement difficile à réaliser. »

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